Les infections

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VÉTÉRAN
Immunité et infections

Le système immunitaire préserve l'organisme des agressions par des agents infectieux. Il protège notamment contre les infections les plus classiques qui touchent les voies respiratoires supérieures.
Il n'est pas rare de constater que les sportifs bien entraînés présentent de tels désagréments. Ces phénomènes sont d'autant plus gênants qu'ils interviennent bien souvent au moment des compétitions, quand l'athlète est le plus en forme.

Comment se fait-il qu'un athlète entraîné ait tendance à tomber malade ? Qu'est ce qui permet d'expliquer cette concordance entre infections et forme sportive ? Et surtout, que peut-il faire pour limiter les risques de maladie ?
Telles sont les questions auxquelles nous nous proposons de répondre dans ce chapitre.


1 Effets de l'exercice sur le système immunitaire

Les effets de l'exercice physique sur le système immunitaire sont extrêmement controversés. Toutes les opinions ont été émises. Pour certains, l'exercice s'accompagne d'une augmentation du nombre et de l'activité des cellules immunitaires (Pedersen et al, 1989). Pour d'autres, il n'aurait pas d'effets (Brahmi et al 1985). Un troisième groupe de scientifiques pense, au contraire, que l'activité physique provoque une diminution de la réponse immune (Lewicki et al 1987).

Ces contradictions supportent plusieurs explications :
les mesures : les mesures effectuées n'ont accès qu'aux cellules circulant dans le sang ce qui représente moins de 10% des réserves de l'organisme. S'ajoute, au caractère partiel des mesures, l'extrême variabilité des taux sanguins. L'exercice musculaire induit un déplacement des cellules immunitaires. Les réserves peuvent être mobilisées dans le sang ou au contraire stockées dans des lieux privilégiés (rate, poumons…) (Ferry, 1991). Les mesures ponctuelles ne peuvent prendre en compte cette dynamique. Elles ne traduisent qu'une situation partielle et provisoire.
les cellules considérées : toutes les cellules composant le système immunitaire n'ont pas le même comportement à l'effort. Certaines diminuent quand d'autres augmentent.
l'exercice : le type (endurance, puissance), le niveau relatif de l'exercice (intense ou pas), le niveau d'entraînement des athlètes (sédentaire, haut-niveau), le fait d'observer les conséquences d'un effort ou d'une succession d'effort (exercice aigu ou chronique) sont autant de paramètres qui peuvent changer complètement les observations. Par exemple, un exercice léger pourra augmenter le nombre et l'activité des cellules immunitaires mesurées alors qu'un entraînement intensif aura plutôt tendance à réduire ces paramètres. Ce constat est à mettre en relation avec le premier point abordé (les mesures).

En dépit de ces contradictions, il semble bien que l'entraînement physique intense engendre une dépression de certains paramètres immunitaires (Telgenhoff et Renk, 1989).
Sans entrer dans les détails des cellules composant le système immunitaire, nous remarquons que ce constat cadre bien avec ce que nous observons de certains athlètes (pas tous) au moment de la plus grande forme sportive.


2 Repérer

Nous avons l'expérience d'athlètes, spécialistes de demi-fond, qui chaque année, quand arrive la période des compétitions, tombent malades (nez pris, toux…). Les symptômes sont rarement graves mais toujours gênants.
Il est probable que chez ces sportifs, le nombre de cellules immunitaires (leucocytes = globules blancs) soit faible. Seule une prise de sang permettrait de confirmer cette hypothèse.
L'analyse des résultats sanguins pourra confirmer la sévérité de l'infection et la dépression du système immunitaire. En étant quelque peu technique, notons qu'elle pourra présenter le profil suivant :
baisse des leucocytes. A l'intérieur du groupe des leucocytes :
un taux relatif de lymphocytes élevé par rapport à celui des neutrophiles.
une élévation du pourcentage des éosinophiles par rapport aux leucocytes totaux.

Ces profils sont cependant simplifiés et sommaires. Ils peuvent être liés aux séances d'entraînement ou à un état de sur-entraînement en l'absence de toute infection. A l'inverse, ils peuvent provenir d'une cause sans rapport avec l'activité physique (une allergie par exemple).
Quoi qu'il en soit, la complexité de la lecture d'une prise de sang impose de toujours avoir recours à un médecin au fait de ces questions. Lui saura faire la part d'une infection de type virus, d'une allergie, d'un état d'entraînement "normal" ou d'un syndrome de surentraînement.

Au-delà des techniques permettant d'établir le diagnostic de l'infection, ce qui compte avant tout pour le sportif, c'est de connaître les moyens à mettre en œuvre pour ne pas avoir à la subir.


3 Prévenir

Les premiers conseils que nous pouvons donner sont d'ordres préventifs. Ils consistent à tout mettre en œuvre pour réduire la probabilité d'infection. Il s'agit, pour le sportif, d'éviter les situations à risque :
ne pas trop traîner à discuter sur le stade, encore à moitié vêtu, après une séance d'entraînement. Faire les étirements au chaud et prendre rapidement une douche.
limiter les variations importantes de températures (vestiaires surchauffés et température extérieure basse - climatisations en été…)
Ces mises en garde sont particulièrement importantes aux moments sensibles de la saison (forme sportive).

Le deuxième conseil, que nous pouvons apporter, est lié aux soins.
Dès les premiers symptômes, le sportif devrait aller consulter un médecin - de préférence au courant des adaptations liées à l'exercice - afin qu'il entreprenne un traitement.

La prévention, c'est à dire l'attitude qui consiste à repérer les périodes à risque et à tout faire pour prévenir leurs effets, et les soins rapides sont les meilleurs garants de la suite de la pratique sportive. Il serait tout de même dommage de passer à côté d'un objectif préparé pendant 6 mois ou 1 an pour une veste oubliée.



source volodalen
 
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