Le dopage du futur

LORD

YOUR WORKOUT IS MY WARM UP
VIP
MEMBRE APPROUVÉ
VÉTÉRAN
Dans les chapitres précédents, nous nous situions au niveau des hormones. Or, l'élaboration de ces substances dépend d'informations qui se trouvent dans le cœur de la cellule. Pour être plus précis, l'acide désoxyribonucléique (ADN) est la molécule qui contient les informations qui servent à l'élaboration des protéines corporelles. Dans ces gènes se trouvent en puissance tout ce que notre biologie est.

Le passage des gènes (portion d'information codant pour une protéine) situés sur l'ADN aux tissus corporels est soumis à l'influence de nombreuses rétroactions intervenant à tous les niveaux de l'organisme.

Quand les scientifiques connaîtront la carte génétique humaine (c'est pour bientôt) et bien avant qu'ils ne maîtrisent l'ensemble des interactions entre les gènes et des rétroactions entre gènes et "environnement", ils pourront "manipuler" les propriétés de l'organisme. Introduire de nouvelles bases afin de changer les propriétés de tels gènes codant pour tels tissus, agir sur l'expression de tel gène afin qu'il n'entrave pas l'action de tel autre…

Jusqu'ou iront les possibilités humaines ? Jusqu'à remplacer un ou plusieurs gènes pas suffisamment "performants" ? Jusqu'à introduire des gènes animaux codant, par exemple, pour des catégories de fibres plus rapides que celles développées par l'espèce humaine ?Jusqu'à choisir dès le départ les meilleurs gènes pour les "plus offrants" ? Jusqu'à reproduire à l'identique un athlète exceptionnel ? Jusqu'à produire un coureur disposant de 6 membres inférieurs ?
Sans aller aussi loin, comment ne pas imaginer qu'un médecin dopeur connaissant le gène codant pour telle enzyme aérobie tente de l'activer ou de le modifier pour l'amener à accroître le potentiel oxydatif de l'enzyme ?
Même si pour le moment, ces interrogations peuvent prêter à sourire, ne doutons pas du fait que seules des considérations éthiques pourraient éviter qu'elles se réalisent.

Ce que nous venons de dire est peut être bien à venir. En revanche, les techniques de génie génétique permettant de synthétiser des protéines sont bien actuelles.

Des tendons et des muscles en éprouvettes
Actuellement, les techniques de génie génétique sont utilisées pour copier des molécules naturelles et les faire se multiplier in vitro. Nous avons déjà parlé de l'EPO, de l'hormone de croissance qui sont produites de cette manière. D'autres substances contrôlant la croissance des neurones, des vaisseaux, des muscles, des tendons, des os… seront bientôt à la disposition des dopeurs. Ces derniers pourront bientôt faire leur marché de manière à sélectionner les facteurs de croissances susceptibles de coller au plus près aux qualités requises par les différents sports.

Mieux encore, il sera bientôt possible de prélever un morceau de muscle ou de tendon, de le faire proliférer dans une éprouvette avec un facteur de croissance et de le réimplanter au sportif. Cette technique est déjà utilisée dans le milieu médical avec du cartilage. D'ici à imaginer qu'un sportif dispose par avance de sa "banque" de tissus prêts à être utilisés en cas de pépin…
Dans une telle hypothèse, il n'aurait même pas à subir des prélèvements des différents types de tissus. Rien n'empêche d'imaginer une simple ponction de cellules souches permettant, par la suite, de différencier les tissus in vitro. Quelques cellules pour un stock de muscles et de tendons prêts à l'emploi. L'échange est équitable !

Ce n'est pas tout, d'autres axes de recherche sont en cours :
la modification des seuils de sensibilités des récepteurs hormonaux,
l'amélioration du transport et de la durée de vie des hormones dans l'organisme,
l'activation de neurotransmetteurs agissant au niveau du système nerveux central…

Stoppons là même si tout n'a pas été dit.
Nous aurions encore pu parler d'ACTH, de 2-3 DPG, d'IMAO, d'utilisation de la pilule à d'autres fins que la contraception, de masques à oxygène placés dans les vestiaires de clubs de football et dont on ne sait quoi d'autre encore
Un rouleau compresseur est lancé. Après être passé par les aliments, par les stimulants, par les hormones, il a entamé l'ère des gènes. Faisons attention à ne pas nous faire écraser.

Mais tant que des hommes réimplanteront des embryons de vaches dans des ventres de lapines pour baisser les frais de transport…

source volodalen
 

Sard

MEMBRE APPROUVÉ
De toute façon, je pense que les modifications génétiques apportées à l'être humain sont inévitables sur le long terme: Plus de performance physique et mentale, pus de maladies autre qu'infectieuses, une longévitée et une fertilité accrues...plus de beauté?
Cela pose certes des problèmes ethiques, mais on ne peut pas empécher le progrès, c'est comme s on voulait interdire l'électricité.
 
Haut