DISCUSSION et loi

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1° LA LOI



· La loi BAMBUCK du 28 Juin 1989, remplace la loi caduque de 1965 : Elle nous éclaire sur la définition du dopage : «se doper c’est tricher mais aussi se détruire lentement».
Elle donne les moyens d’une information sur les produits dopants et leurs effets secondaires, elle favorise la prévention, insiste sur la formation des médecins, sur la nécessité d’une recherche appliquée, sur l’apanage d’un suivi médical régulier et performant.

Elle crée la commission nationale de contrôle antidopage et énonce les principes de répression, contrôles en compétition, contrôles inopinés lors de l’entraînement, perquisitions et saisies sur commission rogatoire, mise en place de mesures disciplinaires sportives et pénales.



· La loi BUFFET votée en 1999 reprend les bases de la loi BAMBUCK, en apportant des éléments novateurs : commission nationale indépendante du pouvoir sportif et politique, renforcement des contrôles inopinés, renforcement des peines et poursuites contre les pourvoyeurs et les sportifs, mise en place d’un suivi médical longitudinal, clinique et biologique.



· La loi LAMOUR votée le 16 février 2005 a pour but d’améliorer l’efficacité du dispositif en clarifiant les responsabilités des acteurs de la lutte anti-dopage internationaux et nationaux. Mais elle laisse la responsabilité des contrôles aux fédérations internationales : c’est un grand pas en arrière par rapport à la Loi BUFFET.



· Les contrôles : près de 9000 prélèvements d’urine sont analysés chaque année en France : moins de 2% s’avèrent positifs : 40% au cannabis, 40% aux amphétamines, quelques uns aux anabolisants et aux bêtabloquants, aux agents masquants ; rien n’est fait pour rechercher l’hormone de croissance, les corticoïdes. Personne n’est dupe : en matière de contrôle seul les inconscients et les imbéciles se font prendre !





· Universaliser la lutte anti-dopage se sera dorénavant le rôle de l’AMA[1] :

Le CIO, l’UCI et l’IAAF ont pris des mesures pour améliorer la recherche sur les procédés de mise en évidence de l’EPO, de l’hormone de croissance, des corticoïdes, des molécules nouvelles comme l’EPO retard, l’hémoglobine recombinée, le RSR13, les PFC. Ces instances internationales doivent infléchir les velléités de certaines fédérations à maintenir « le voile du silence et de l’hypocrisie » en matière de dopage. Les médias doivent nous aider dans la recherche de la vérité.

Aujourd’hui si les « politiques » semblent d’accord pour lancer l’offensive contre le dopage, il semble bien que le pouvoir sportif se fasse encore « tirer l’oreille ! ».

L’agence Mondiale antidopage, récemment créée par le CIO, restera- t-elle encore longtemps une « coquille vide » ? Le CIO lui donnera-t-il les moyens de lutter efficacement ? 2004 aura été l’année du code mondial anti-dopage mais de grandes fédérations internationales comme la FIFA la FFT entre autres traînent les pieds pour signer.

A peine écrit et mis en application, le code mondial anti-dopage est décrié pour ses imperfections notamment au niveau de la liste des produits dopants qui distingue aujourd’hui les produits interdits en compétition de ceux interdits hors compétition.



· L’ordre des médecins c’est positionné fermement sur la tendance actuelle à banaliser un «dopage médicalement assisté» prôné par bon nombre de médecins des équipes professionnelles et par certains de nos confrères de pays voisins.



Il y a donc urgence à obtenir au plan international un engagement écrit et effectif des instances sportives et politiques pour lutter efficacement contre le dopage : L’union Européenne a fait les premiers pas, incitant les 15 pays d’Europe à légiférer reprenant le « modèle Français ».L’AMA[ii] peut-elle fédérer la lutte mondiale contre le dopage ? c’est un espoir pour les prochaines échéances sportives.



· 2004 restera l’année des affaires : celle de l’EPO à la Juventus de Turin, du scandale des transfusions (équipe KELME en cyclisme), l’affaire COFIDIS (cyclisme) en France et le scandale BALCO aux U.S.A (athlétisme surtout).



2° L’ESCALADE DU DOPAGE



· Le dopage chimique hormonal a atteint le «point de non-retour» : L’EPO, l’hormone de croissance, les corticoïdes sont des produits dangereux : ils ont progressivement remplacé les stimulants, les anabolisants, et les agents masquants, dangereux eux aussi mais surtout décelables à l’analyse des urines. De nouvelles molécules (PFC, EPO retard, hémoglobine recombinante, RSR13) sont sur le marché du cyclisme professionnel alors qu’elles ne sont pas encore commercialisées.



· Il n’y a pas de dopage accidentel : on peut se soigner sans se doper. Nous devons démonter le mécanisme machiavélique de « l’inégalité des chances », de victoires dont se targuent les sportifs : les meilleurs seront toujours les premiers, avec ou sans produits dopants.

Un tour de France couru à 35 km/heure de moyenne sera aussi passionnant et ouvert qu’à 42 km/heure, n’en déplaise à certains sponsors, organisateurs, directeurs ou médecins d’équipes !!



· Le dossier des autorisations à usage thérapeutique (AUT) est laissé à l’interprétation des juges du tribunal à arbitral du sport (TAS). Cette mesure est un des « maillons faibles « de la lutte anti-dopage.



· Avec les progrès du Généthon, je pense que le dopage génétique arrivera au galop dans le monde du sport spectacle », et on peut imaginer des sprinters bioniques « clonés » pour courir 9,5 secondes aux 100 M !



Attention donc aux cultures de cellules souches et aux déviations possibles des thérapies génomiques !



Tout comme certains ne souhaitent pas « d’OGM[3] dans leurs assiettes », je continuerai à dénoncer la présence « d’OGM sur nos stades » !



Il y a désormais 2 types de sportifs :



¨ Ceux qui ne se dopent pas (je ne doute pas qu’ils soient encore nombreux).

¨ Ceux qui se dopent, avec un dopage à 2 vitesses :

1° Celui des « pauvres », ponctuel, inadapté avec des risques d’effets nocifs considérables et surtout une positivité au contrôle : amphétamines, anabolisants, agents masquants, narcotiques, diurétiques, bêtabloquants sont les produits les plus souvent retrouvés dans nos statistiques de contrôle antidopage. Ce sont les sujets les plus exposés, aux effets secondaires, contrôle positif, avec un « facteur performance » inférieur au «dopage hormonal».



2° Celui des « riches », organisé, financé, planifié, prôné et couvert par un suivi médical sophistiqué visant à diminuer les risques d’effets secondaires et surtout les risques de contrôles positifs ; les produits de référence sont : l’EPO, l’hormone de croissance, les corticoïdes, les nouvelles molécules (hémoglobine récombinante, PFC, RSR13, EPO retard). C’est le dopage le plus efficace, le moins détectable, le mieux suivi médicalement.



3° LES ALTERNATIVES au DOPAGE :



Il existe heureusement des sportifs qui dénoncent le dopage et qui respectent éthique médicale et sportive.

On peut résumer les alternatives au dopage dans le projet de « charte éthique » contre le DOPAGE.



1° Les vertus de l’entraînement naturel :

Aucune carrière de sportif de compétition ne peut se concevoir sans la mise en place de cycles d’entraînement naturel, adapté individuellement au sport, aux prédispositions génétiques.

Respectant les paramètres d’intensité, de volume, de répétition, de récupération, tenant compte des objectifs annuels, ou semestriels, de compétition et de résultat, l’entraînement se fera en plaine, en altitude, en caisson, associé à la musculation, aux techniques de soins et de récupération (étirements, massages, thalassothérapie, thermalisme, sophrologie, relaxation, etc….).



2° Attention à l’excès de compétition

les « cadences infernales » auxquelles sont soumis les sportifs nuisent à l’équilibre et à la santé, du sportif, elles amènent le sur entraînement, les risques de contre-performances et accidents musculo- tendineux, ouvrant ainsi une nouvelle fois la porte aux médications de rééquilibration et au dopage..



3° L’hygiène de vie

le respect des rythmes biologiques, les alternances « travail-repos » - « eveil-sommeil », hydratation suffisante, les habitudes alimentaires, le stretching, la relaxation, le recours aux supports énergétiques naturels favorisent la récupération, l’équilibre psychosomatique.

Le dopage commence lorsque préparation physique et biologique entraînent des effets secondaires néfastes sur l’organisme du sportif.



4° Le suivi médical longitudinal.

La pratique du sport de haut niveau amène le sportif aux confins de la pathologie : l’étude des aptitudes, le suivi médical longitudinal physique, biologique, psychologique, véritable stratégie de « maintien en santé » du sportif de haut niveau permet d’éviter surentraînement, fatigue, traumatologie, contre-performance, démotivation.







5° Le respect des règles.

Se doper, c’est tricher et le pouvoir sportif doit d’abord faire respecter la loi sportive.

Tous les acteurs doivent respecter l’ETHIQUE SPORTIVE, l’athlète, son entraîneur bien sur, mais aussi préparateur physique, kinésithérapeute, psychologie, médecin, « chacun à sa place, rien que sa place, mais toute sa place ».

Ainsi le sport de compétition peut-il espérer sérénité et transparence, malgré les dérives actuelles, que sont violence, tricherie, dopage !







CONCLUSION





Le DOPAGE touche aujourd’hui la plupart des sports. La surenchère à la performance, le rôle preignant des sponsors et des médias sur les sportifs et leurs dirigeants, la dérive du sport de Haut Niveau vers le « sport spectacle » et le «Sport Business», ont généré son développement.
Les instances internationales (CIO-UCI-IAAF), grisées par ce sport moderne fait d’images et d’argent, partagées entre silence, hypocrisie et volonté d’innovation, ont laissé le sport de compétition (professionnel et amateur) se gangrener.



Certains gouvernements (dont la France) se sont dotés de lois avec les moyens de remonter les filières et de poursuivre tant sur le plan sportif que pénal, sportifs, pourvoyeurs et fabricants. Toutefois il n’y a pas de loi internationale de lutte contre le dopage, malgré les efforts du conseil de l’Europe et de la justice Française, en 2004, l’agence mondiale anti-dopage (AMA) a mis en place le code mondial anti-dopage mais certaines fédérations internationales se font prier pour y adhérer, le CIO doit consacrer plus de moyens à la détection des molécules les plus utilisées (EPO, hormones de croissance surtout).



Les imbéciles et les inconscients ne seront pas les seuls à être contrôlés positifs, la majorité des dopés non positifs au contrôle ne dissimuleront plus leur sourire narquois derrière leurs mains «d'acromégale». Aujourd’hui, EPO et hormone de croissance, nouvelles molécules (PFC, EPO retard, hémoglobine recombinante, RSR13) se partagent le marché (ô combien juteux) du dopage avec les amphétamines, corticoïdes et anabolisants. Depuis les J.O de Sydney en 2000, le CIO et l’UCI ont enfin agréer les tests sanguins et urinaires permettant la détection de l’EPO. L’agence mondiale anti-dopage est aujourd’hui reconnue mais est-elle vraiment efficace ?le code mondial anti-dopage sera-t-il enfin reconnu par toutes les fédérations internationales



Au 21° siècle, le dopage chimique sera sûrement supplanté par le dopage génétique : Les progrès du génome, du clonage, de la recherche sur les maladies neuromusculaires nous font redouter le pire.

Le sport compétition devenu «Sport Spectacle et Business» va droit dans le mur !
Le sport de haut niveau a perdu son statut d’exemple, de référent. Le risque de voir voler en éclat l’image mythique du «Sport Plaisir», «du bien être et de la transparence», du respect de l’autre, du «Sport Ecole de Vie» est grand. Veillons au moins à conserver le sport scolaire, le sport santé, le sport loisir, dans le droit chemin de l’éthique sportive et médicale. Donnons-nous la force morale, la volonté politique et les moyens techniques pour éradiquer ce fléau qu’est le dopage.

Depuis plus de 20 ans, nous sommes quelques médecins du sport, humanistes, à dénoncer le sport gangrené par le dopage et son escalade hormonale infernale. Je regrette que dirigeants fédéraux et politiques, organisateurs, sponsors et médias ne nous aient pas entendus : aujourd’hui nous n’en serions pas là ! ! Le cyclisme dans la tourmente médiatique des « affaires » ( Tour 98, Giro 2001, affaire KELME, COFIDIS) semble, par ses organisateurs, s’engager dans la lutte : 10 mesures ont été mises en place en juillet 2001 par la Société du Tour de France, mais l’UCI a fait longtemps la « sourde oreille ! »



Face à une lutte antidopage faible, partielle, peu fiable et donc critiquable, face au non engagement franc et massif du pouvoir sportif et politique, 2 alternatives s’opposent:



· La première, dans le respect de l’éthique médicale et sportive, préconise la mise sous tutelle médicale de tous les sportifs de haut niveau (suivi longitudinal, technique, biologique, mécanique, hormonal). Mais son coût exorbitant, le risque de transformer l’athlète en «bête de laboratoire» rend cette hypothèse difficile à réaliser : C’est pourtant la solution la plus saine et la plus transparente, garantissant la santé du sportif.



· La seconde, qui ne coûte rien, sinon un renoncement dogmatique, le reniement de l’éthique sportive mais surtout médicale, consiste à proposer un dopage autorisé sous surveillance médicale (c’est déjà le cas dans certains sports, comme l’attestent les aveux des sportifs dans les affaires récentes).

Je pense que le monde sportif dans sa globalité (certains dirigeants, partenaires financiers, médias, quelques entraîneurs, médecins et sportifs) ne souhaite pas vraiment la disparition du dopage, support des performances et des records dans un sport devenu Spectacle et Business. Doit-on laisser ce Sport-là creuser sa propre tombe ? Non, Assurément !

A Montpellier le 28 juin 2005
 
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